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« Cette année, la colère des professeurs de philosophie pourrait faire des émules »
Article publié le 15 juin 2017

En pièce jointe, la pétition intersyndicale à signer par les correcteurs de l’épreuve de philosophie du baccalauréat 2017 :

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pétitiion philo

Conférence de presse du collectif des professeurs de philosophies d’Ile-de-France du 14/06/2017 :

« Cette année, la colère des professeurs de philosophie pourrait faire des émules »
Pétition, rassemblements, rétentions de notes pour dire « la pénurie et l’autonomie, ça suffit ! »

1/ Depuis la réforme Châtel du lycée, les conditions d’enseignement de la philosophie se sont considérablement dégradées dans la plupart des établissements.

En effet, la répartition locale des moyens, la fameuse autonomie tant vantée, a conduit à la suppression de 2/3 des dédoublements existants en philosophie avant la réforme en série S et en séries technologiques. Notre discipline est victime de la course aux chiffres : les proviseurs tendent à privilégier les matières « rentables » en termes de résultats aux examens, donc les disciplines à gros coefficients dans chaque série. Cet effet a été multiplié par les mesures d’austérité budgétaire.

Conséquences :

  • Une grande majorité de classes à 35 élèves non dédoublées en philosophie qui empêchent parfois tout travail et rendent en tous les cas toujours difficiles la participation des élèves dans de bonnes conditions ;
  • Des services de plus en plus épuisant pour les professeurs : jusqu’à 9 classes et plus de 200 élèves ; c’est souvent une ou deux classes de plus qu’avant la réforme Châtel, soit entre 35 et 70 élèves de plus ; les TZR et les contractuels se retrouvent de plus en plus souvent à cheval sur 3 ou 4 établissments ; d’où des professeurs épuisés, qui n’ont plus le temps nécessaire à la préparation de leurs cours ;
  • Des conditions de correction du baccalauréat qui ne sont pas à la hauteur de ce que l’on doit à nos élèves : trop de copies à corriger en un temps trop réduit.

Si notre discipline a particulièrement subi cette dégradation, la logique de la pénurie et de l’autonomie touche l’ensemble des disciplines.

2/ La volonté du nouveau Minsitre d’aggraver encore cette logique d’autonomie, au point de remettre en cause même le baccalauréat comme examen national, anonyme et terminal, les horaires nationaux élèves par discipline, pour en laisser la gestion aux établissements suscite en nous la plus vive inquiétude.

  • Nous refusons d’être en lutte avec nos collègues des autres disciplines pour nous disputer la répartition de la pénurie ; il faut des moyens à la hauteru pour la philosophie, mais aussi pour toutes les autres disciplines
  • Nous refusons la dégradation ainsi engendrée des conditions de travail et d’enseignement, particulièrement forte pour les élèves de milieux populaires ;
  • Nous refusons l’inégalité entre élèves aggravée par l’autonomie : ici 4h de philosophie en TS, là 3h ; ici, un dédoublement total en terminale technologique, là aucun dédoublement ; d’une classe à une autre au sein d’un même établissement, les situations peuvent varier. Comment peut-on dans ces conditions l’examen national resterait-il juste ?

Nous revendiquons :

  • L’abrogation de la réforme Châtel,
  • Les mêmes horaires pour tous les élèves,
  • Des dédoublements fléchés nationalement comme avant la réforme Châtel,
  • Des moyens à la hauteur en philosophie et dans toutes les disciplines le maintien du baccalauréat comme examen national, terminal et anonyme.

4/ Nous sommes frappés par le parallèlisme entre la logique de casse du code du travail (l’accord d’entreprise contre la loi) et la logique d’autonomie, allant vers la privatisation dans l’Education Nationale (l’établissement contre les programmes nationaux, les examens nationaux, et les statuts nationaux).

Nous ne voulons pas que l’avenir de nos élèves soit ainsi broyés. Nous estimons qu’il faut s’opposer à la destruction du Code du Travail, tout autant qu’il faut défendre le statut de fonctionnaire.

Nous alertons nos collègues de toutes disciplines sur ce que le nouveau ministre de l’EN a répondu à l’Express (9 janvier 2017) à propos de l’évolution de l’école et du statut des enseignants :

« (Question) Faudrait-il aller jusqu’à changer le statut des enseignants, en proposant aux nouveaux professeurs des contrats de travail de droit privé ? 
(JM Blanquer) Pourquoi pas, même s’il ne faut pas commencer par cela. Il faut d’abord établir des habitudes de travail en équipe et, ensuite, offrir à ces équipes la liberté de définir les règles du jeu au sein de l’école ou de l’établissement. Il faut déconcentrer, procéder par expérimentation. Cela fait partie de la méthodologie de la réforme. Sortir de la logique conflictuelle et procéder par contagion des bonnes pratiques ».
 

5/ Moyens d’action envisagés

Depuis des années, nous portons ces revendications au Ministère. Nous avons été reçus, mais très peu entendus. La situation ne cesse de se dégrader. Cela ne peut plus durer.

Nous prévoyons les moyens d’action suivants :

  • Motions et pétitions lors des réunions d’entente et d’harmonisation
  • Rassemblement au Ministère et devant certains Rectorats fin juin
  • Rétention de notes
  • Motion lors des jurys de baccalauréat
  • Grève à la rentrée, partout où les conditions d’enseignement seront inadmissibles et les collègues uni.e.s et mobilisé.e.s

Ce sont les AG de correcteurs qui se prononceront souverainement sur la plateforme et les moyens d’action.

Des collègues d’autres disciplines commencent à se tourner vers nous, car ils ressentent les mêmes problèmes. C’est un bon signe, car nous ne pourrons gagner que tous ensemble !