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COVID-19 : Communiqué de SUD éducation 94 du 24 mars
Article publié le 26 mars 2020

COMMUNIQUE DE SUD ÉDUCATION 94

Le recteur de l’académie de Créteil, sous couvert du ministre de l’éducation et donc du chef de l’État, a envoyé un mail le 22 mars aux écoles et collèges de l’académie de Créteil stipulant que les familles « en précarité numérique », pourront se rendre dans les écoles et établissements scolaires « retirer les documents pédagogiques en support papier », dans le cadre des « déplacements pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle et des achats de première nécessité ».
Est-ce que ces gens sont devenus fous ?
Non. Cette décision est logique. Le ministère nous demande d’assurer une "continuité pédagogique" avec les moyens du bord. Mais l’Éducation Nationale doit aussi lutter contre les inégalités. On ne peut donc se permettre de discriminer l’accès à l’école selon les moyens informatiques et la connexion internet. Et pourtant, on est en train de le faire ! Pour éviter ce scandale, sans remettre en question l’idée de continuité pédagogique, on demande à ces familles de choisir entre deux risques : la contamination, ou l’échec scolaire des enfants.

Cette injonction est en totale contradiction avec le confinement, dont on ne cesse de nous dire qu’il devrait être encore renforcé.
C’est aussi en contradiction avec le décret de confinement : ce n’est pas prévu dans les cas d’exception. Le recteur se place hors la loi sans ciller.
Il met la vie en danger de nombre de personnes, sciemment ! Et ne respecte en rien les obligations de protection des personnels et des parents, usagers de l’école.
Mais peut-être est-ce là le moyen de « dégraisser le mammouth » et de réduire la pauvreté en envoyant les familles en situation de précarité au casse-pipe direct ! Ce n’est plus du karcher, mais de l’extinction de masse…

De plus, cette injonction met les collègues dans une situation terrible : il est demandé aux chef-fes d’établissements et aux collègues directeurs-trices d’établir eux/elles-mêmes les dérogations spéciales pour venir chercher les documents !
Ainsi, c’est leur responsabilité propre qui est engagée. En cas de contamination, vers qui les familles vont elles se retourner ? Il parait évident que la hiérarchie se dédouanera de toute responsabilité, comme elle l’a fait pour le suicide de Christine Renon.

Sud éducation 94 exige que le ministère reprenne ses esprits et renonce à ces pratiques dangereuses pour tout le monde. Ce n’est pas en faisant sortir les gens de chez eux que l’épidémie s’arrêtera, tout le monde le sait maintenant. Mais peut-être que cette information n’est pas parvenue jusqu’au ministère, tant habitué ces derniers jours à proférer des contre-vérités démenties dans les heures qui suivent.

Sud éducation 94 demande aux chef-fes d’établissements et aux directeurs-trices d’écoles de ne pas participer à cette mise en danger de la vie d’autrui.