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Contre la réforme des retraites, 2e round en mars !
Article publié le 28 février 2020

Communiqué de la fédération SUD éducation

Avec les personnels mobilisés, SUD éducation rejoint la Blackweek contre Blackrock !
Le projet de loi contre la réforme des retraites est toujours plus impopulaire dans l’opinion. Contrairement à ce qu’essaie de dire le gouvernement, les femmes n’en seront pas les grandes gagnantes, bien au contraire. Le Conseil d’État a rendu un avis négatif sur le projet de loi. La suppression supposée de l’âge pivot apparaît clairement aux yeux de toutes et tous comme un enfumage, destiné essentiellement à donner une porte de sortie à l’UNSA et à la CFDT. Les revalorisations annoncées par le ministère ne sont qu’une diversion pour tenter de faire avaler la pilule du projet de loi : les personnels n’y croient pas une seconde. Un nouveau scandale vient d’éclater, montrant encore une fois le lien organique entre le monde de l’assurance et le projet de loi, avec la révélation des parts détenues dans AXA par le rapporteur du projet de loi, Jacques Maire. En parallèle, la mobilisation contre la mise en place du bac Blanquer prend de l’ampleur, et le ministère y répond par une répression aveugle.

Pour SUD éducation, il s’agit de porter le coup de grâce au gouvernement. Pour cela, chacun-e sait qu’une journée de grève isolée ne sera pas suffisante : c’est bien un mouvement de grève reconductible qu’il s’agit de construire ! La date, posée par l’intersyndicale interprofessionnelle du 31 mars, est l’occasion de réactiver la dynamique du 5 décembre par un travail de conviction approfondi auprès de nos collègues. Elle doit être l’occasion d’un 2e round contre le projet de réforme des retraites, pour mettre KO le gouvernement. Mais le 31 mars ne pourra être une date énorme que si elle s’inscrit dans une dynamique de montée en puissance. À ce titre, le mois de mars représente une opportunité majeure : début de la mobilisation dans l’ESR le 5 mars, grève des femmes le 8 mars, grève contre le climat le 13 mars, manifs gilets jaunes le 14 mars, manif contre le racisme le 21 mars...

Dans l’éducation, de nombreuses assemblées générales de personnels ont décidé de mettre dans le paysage une semaine de mobilisation la semaine du 16 mars. Elles ont choisi de l’appeler “Black week contre black rock”, pour désigner la réforme pour ce qu’elle est : une opportunité majeure d’engraisser encore davantage les véritables gagnants de la réforme que sont les capitalistes. Pour SUD éducation, il est clair que l’auto-organisation doit être au cœur de la dynamique de la grève. C’est pour cela que la fédération SUD éducation rejoint l’appel à une semaine noire contre Blackrock à partir du 16 mars. Pour ne pas en rester aux mots et favoriser concrètement la participation à l’ensemble des actions prévues, SUD éducation a déposé un préavis de grève spécifique sur cette semaine couvrant tous les personnels de la maternelle à l’Université.

Enfin, un coup de force se prépare avec l’utilisation du 49-3 pour faire passer le projet de loi sans vote des parlementaires. Si le gouvernement osait y recourir, SUD éducation appellerait les personnels à participer à toutes les initiatives décidées localement. SUD éducation met à la disposition des personnels son préavis de grève permanent et encourage les professeur-e-s des écoles à déposer une déclaration d’intention de grève sur tout le mois de mars pour être en mesure de débrayer quand elles et ils le décident.

  • SUD éducation revendique l’abandon du projet de loi Macron-Delevoye
  • SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à rejoindre les initiatives prévues dans le cadre de la semaine noire contre Blackrock
  • SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à construire et à mettre en débat la reprise de la grève et sa reconduction jusqu’à l’abandon du projet de loi, en prenant appui sur le 31 mars pour réactiver la dynamique de grève reconductible

Relevé de décisions de l’intersyndicale interpro 94

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Tract 2e round mars 2020

À nous de réactiver la dynamique de grève entamée le 5 décembre, en généralisant la grève reconductible pour construire un rapport de force capable de mettre en échec le gouvernement : contre la réforme des retraites, entamons dès le 31 mars le deuxième round pour mettre le gouvernement K. O. !

  • Une loi toujours plus impopulaire dans l’opinion, un gouvernement fragilisé
  • Rien n’est joué : la réforme n’est toujours qu’au stade du projet de loi
  • Dans l’éducation, de nombreuses raisons de se mobiliser

Le gouvernement veut faire croire que la mobilisation contre la réforme des retraites est terminée dans la rue. Ce n’est pas le cas : des mobilisations continuent à avoir lieu un peu partout localement, mais aussi nationalement, avec les mobilisations qui ont continué fin février et début mars, la grève des femmes autour du 8 mars et les initiatives de la semaine du 16 mars. En effet, la colère qui a débouché sur le grand mouvement reconductible entamé le 5 décembre n’est pas éteinte et la population est toujours hostile au projet de loi. Le projet de loi est toujours examiné par le Parlement, et même promulguée une loi peut toujours être abrogée, d’autant plus qu’elle se ferait contre le peuple.

Les femmes, grandes perdantes

Le gouvernement tente un tour de force majeur : faire croire que les femmes bénéficieraient de la réforme des retraites. Il est insupportable d’être ainsi manipulées : les femmes seront au contraire les grandes perdantes, tout le monde le sait. En effet, dans la fonction publique, le passage d’un mode de calcul sur les 6 derniers mois à une prise en compte de l’ensemble de la carrière va inévitablement entraîner une baisse des pensions : en effet, les femmes connaissent beaucoup plus de périodes à faibles revenus (temps partiels, congés parentaux). Les autres dispositions de la réforme (points supplémentaires accordés pour les enfants, pensions de réversion) vont dans le même sens : le projet de réforme aggraverait encore plus les inégalités hommes-femmes entre pensionné-e-s !

La fin de l’âge pivot ? Un sacré enfumage

Que les choses soient claires : l’âge pivot provisoirement suspendu (article 56) ne concerne que les générations nées entre 1960 et 1975. Et encore, même celui-ci pourra être soit inscrit dans la loi (si les partenaires sociaux ne trouvent pas de solution satisfaisante pour le gouvernement d’ici avril), soit rétabli ultérieurement par simple ordonnance. Pour tou-te-s les autres, l’âge pivot à plus de 64 ans, c’est-à-dire un recul pur et simple de l’âge de départ à la retraite, est bel et bien maintenu. La CFDT et l’UNSA font donc croire à tout le monde qu’une avancée significative a été obtenue : ce petit jeu médiatique, qui oublie tout le reste, est objectivement dans l’intérêt du patronat. Il permet de passer sous silence le fait que ni la valeur de service du point ni son évolution ne sont fixées à cette heure dans le projet de loi, ce qui constitue une incertitude importante sur le niveau des retraites, d’autant plus qu’une nouvelle loi régressive pourrait le faire baisser (comme Fillon l’avait avoué en son temps). Ne nous laissons pas enfumer : c’est bien le retrait du projet de loi qu’il faut revendiquer.

Le Conseil d’État retoque le projet

Au-delà de l’écran de fumée, le seul élément tangible dans les engagements du gouvernement concernant les pensions des enseignant-e-s était d’inscrire dans la loi la garantie que le niveau des pensions des enseignant-e-s et chercheurs-euses ne puisse pas être inférieure à celle des autres fonctionnaires de catégorie A. Or, le Conseil d’État vient de rendre son avis sur le projet de loi et a retoqué l’article 1, qui contient ces éléments, en indiquant qu’il est inconstitutionnel : soit parce qu’il s’agit d’une injonction faite au Parlement, soit parce que l’article est tellement flou dans sa rédaction qu’il ne contraint en rien le gouvernement à le respecter. Bref, comme nous le disons depuis le début, les promesses du gouvernement sur les revalorisations sont une vaste entourloupe.

Dans l’éducation, on se mobilise !

Depuis les premières présentations du projet de loi, le gouvernement a bien conscience qu’il faut trouver des éléments de langage pour essayer de rassurer les enseignant-e-s. Et pour cause, comme nous l’avons montré dès novembre avec la publication du simulateur retraites.sudeducation.org, les pensions des personnels de l’éducation vont considérablement baisser. Dans le même temps, les raisons de se mobiliser dans l’éducation ne manquent pas : la mise en place des E3C, la Loi pluriannuelle de programmation de la recherche, mais aussi les suppressions de postes, les évaluations nationales, la précarisation et l’intolérable répression dont sont victimes les personnels mobilisé-es. Lors de ce second round, montrons au gouvernement et à Blanquer que l’Éducation refuse toutes les contre-réformes en cours.