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Pétition : Pour la reprise le 26 avril : il faut agir rapidement
Article publié le 13 avril 2021


Lien vers la pétiton : https://la-petition.fr/reprise-le-26-agir-rapidement

Le Président de la République a annoncé une nouvelle étape dans les mesures sanitaires, pour freiner l’épidémie avec notamment l’avancée et le dézonage des congés scolaires associé à un passage en distanciel des enseignements.

Le ministre de l’éducation nationale n’a eu de cesse de prétendre que les protocoles étaient suffisants là où tout indique que la politique de tests est défaillante, que rien n’a été fait pour améliorer le bâti et en particulier les possibilités d’aération, que le nombre d’élèves par classes continue à être trop élevé alors que le fonctionnement avec des effectifs allégés liés à des recrutements supplémentaires et la réquisition de locaux aurait pu éviter la multiplication des cas de contamination . Les ministres (Education nationale comme Agriculture) n’ont pas entendu les acteurs de terrain qui alertaient sur la dégradation de la situation et faisaient des propositions pour éviter une fermeture des écoles et établissements scolaires dont on mesure les effets sur l’accroissement des inégalités entre élèves et les problèmes posés aux familles. Nos organisations demandent que les leçons du premier confinement soient tirées : les équipes doivent pouvoir s’organiser et organiser, comme elles le souhaitent le suivi des élèves.

Des conditions sanitaires strictes doivent permettre de maintenir les écoles et établissements scolaires ouverts et ainsi garantir les conditions d’une scolarité en présentiel, moins inégalitaire que l’enseignement à distance. Il est indispensable en outre que ces semaines soient mises à profit pour rendre la réouverture des écoles et des établissements scolaires possible dans des conditions telles qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle, pédagogique comme social.

Nous demandons :

- Les moyens d’assurer les remplacements, la prolongation au moins jusqu’aux congés d’été des contrats des contractuels et AED recrutés dans le cadre d’autorisations liées à la crise sanitaire afin de permettre un meilleur fonctionnement des établissements, d’accompagner les élèves à hauteur des besoins...

- Des créations de postes d’enseignantes et d’enseignants, de Psy-EN, de personnels administratifs, santé et sociaux, vie scolaire dans les écoles et les établissements pour la rentrée de septembre, pour annuler les fermetures de classes et de postes, répondre aux inégalités qui se creusent, et pouvoir anticiper une possible poursuite de la crise sanitaire.

- La mise en place immédiate des mesures adaptées (fermeture de la classe, élèves comme personnels déclarés cas contacts) afin d’éviter toute contagion, dès le premier cas Covid avéré.

- Une amélioration significative de la politique de tests

- L’équipement des locaux en capteurs de CO2

- La fourniture de masques chirurgicaux aux élèves et aux personnels.

- La vaccination de tous les personnels volontaires qui travaillent dans les écoles, collèges et lycées. Elle doit se concrétiser rapidement et être étendue à tous les personnels particulièrement exposés. C’est une mesure d’intérêt général. Le calendrier précis et les modalités d’accès au vaccin doivent être définis rapidement.

L’absence d’anticipation a déjà conduit le service public d’Éducation dans une situation critique. Persister dans ce refus aurait des conséquences graves. Nous attendons du gouvernement, du ministre de l’éducation nationale, des réponses rapides et claires à nos demandes, et ce avant la reprise des cours fixée au 26 avril 2022. Des discussions doivent être ouvertes d’ici le 20 avril.


Qui attend Blanquer (Fédération SUD éducation) :

« Nous garderons l’école ouverte jusqu’au bout »

Raté ! Eh oui, les discours ne suffisent toujours pas, Blanquer continue à nous le prouver. Depuis le début de la pandémie, Sud Éducation se bat pour des conditions d’enseignement décentes. Des moyens précis, des plans d’urgence ont été pensés sur le terrain à défaut d’initiatives efficaces du Ministère. Peine perdue, aucune des propositions n’a été retenue par M. Blanquer, conduisant aujourd’hui à ce que nous cherchions à éviter à tout prix : la fermeture des écoles. Nous sommes donc contraint•es de revenir à un “enseignement à distance” dont tout le monde a compris depuis un an qu’il ne remplace pas l’école.

Au même moment, dans le réel...

Prévenu•es à la dernière minute, nous nous sommes débrouillé•es pour maintenir du lien avec TOUS les élèves, en fournissant notamment des polycopiés, en appelant les familles… Bien heureusement, nous ne sommes pas les fourmis ouvrières exécutantes du ministre, et nous nous sommes méfié•es des cours en “visio”, accessibles uniquement à certain•es, dans le meilleur des cas où cela fonctionne ! Bien heureusement, les équipes de terrain maîtrisent leur métier et en exerçant leur liberté pédagogique pallient les manquements criants de M. Blanquer qui se permet une campagne de dénigrement médiatique de leur travail !

Des économies coûteuses

Pendant la pandémie, le nombre d’heures non remplacées atteint des records. Mais rappelons bien ceci : ce scandale existe depuis le monde d’avant. Le non-remplacement des personnels de l’Éducation Nationale est un problème structurel et laisse, chaque année, des élèves de tous niveaux sans cours pendant des semaines, des équipes débordées. Les luttes des personnels et des parents laissent le ministre et les médias indifférents. La crise sanitaire n’a pas créé cette situation, elle n’a fait que l’amplifier, sans que les moyens soient débloqués.
Bien au contraire, notre Ministre s’enorgueillit : il a rendu fièrement à Bercy 200 millions d’Euros, deux années consécutives, comme le rappelle François Jarraud dans le Café Pédagogique du 25 janvier 2021 : "ces 200 millions économisés c’est l’équivalent de 4200 postes d’enseignants dans un budget qui supprime 1800 postes dans le second degré". Cherchez l’erreur !

Un mensonge de plus

Face à ces scandales, l’importance donnée à la continuité pédagogique pour seulement trois jours de classe au premier degré fait doucement rigoler. M. Blanquer atteint les sommets du ridicule ce mardi 6 avril 2021, en produisant un mensonge digne du Gorafi : "Nous sommes attaqués par des hackers étrangers". Aurait-il oublié notre mission de formation à l’esprit critique ? Et ce n’est que l’ultime désaveu dont il fait l’objet. La seule raison pour laquelle il occupe encore ses fonctions, c’est sa volonté sans faille de parachever la marchandisation de l’Éducation Nationale, et la soumission de ses personnels.

Nous savons déjà que, le 26 avril, jour de rentrée, rien ne sera prêt, rien n’aura été anticipé et que la situation sera identique à celle qui a conduit à la fermeture des écoles. Un goût de Jour sans fin.

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Qui attend Blanquer ?