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Qui attend Blanquer ?
Article publié le 13 avril 2021

« Nous garderons l’école ouverte jusqu’au bout »

Raté ! Eh oui, les discours ne suffisent toujours pas, Blanquer continue à nous le prouver. Depuis le début de la pandémie, Sud Éducation se bat pour des conditions d’enseignement décentes. Des moyens précis, des plans d’urgence ont été pensés sur le terrain à défaut d’initiatives efficaces du Ministère. Peine perdue, aucune des propositions n’a été retenue par M. Blanquer, conduisant aujourd’hui à ce que nous cherchions à éviter à tout prix : la fermeture des écoles. Nous sommes donc contraint•es de revenir à un “enseignement à distance” dont tout le monde a compris depuis un an qu’il ne remplace pas l’école.

Au même moment, dans le réel...

Prévenu•es à la dernière minute, nous nous sommes débrouillé•es pour maintenir du lien avec TOUS les élèves, en fournissant notamment des polycopiés, en appelant les familles… Bien heureusement, nous ne sommes pas les fourmis ouvrières exécutantes du ministre, et nous nous sommes méfié•es des cours en “visio”, accessibles uniquement à certain•es, dans le meilleur des cas où cela fonctionne ! Bien heureusement, les équipes de terrain maîtrisent leur métier et en exerçant leur liberté pédagogique pallient les manquements criants de M. Blanquer qui se permet une campagne de dénigrement médiatique de leur travail !

Des économies coûteuses

Pendant la pandémie, le nombre d’heures non remplacées atteint des records. Mais rappelons bien ceci : ce scandale existe depuis le monde d’avant. Le non-remplacement des personnels de l’Éducation Nationale est un problème structurel et laisse, chaque année, des élèves de tous niveaux sans cours pendant des semaines, des équipes débordées. Les luttes des personnels et des parents laissent le ministre et les médias indifférents. La crise sanitaire n’a pas créé cette situation, elle n’a fait que l’amplifier, sans que les moyens soient débloqués.
Bien au contraire, notre Ministre s’enorgueillit : il a rendu fièrement à Bercy 200 millions d’Euros, deux années consécutives, comme le rappelle François Jarraud dans le Café Pédagogique du 25 janvier 2021 : "ces 200 millions économisés c’est l’équivalent de 4200 postes d’enseignants dans un budget qui supprime 1800 postes dans le second degré". Cherchez l’erreur !

Un mensonge de plus

Face à ces scandales, l’importance donnée à la continuité pédagogique pour seulement trois jours de classe au premier degré fait doucement rigoler. M. Blanquer atteint les sommets du ridicule ce mardi 6 avril 2021, en produisant un mensonge digne du Gorafi : "Nous sommes attaqués par des hackers étrangers". Aurait-il oublié notre mission de formation à l’esprit critique ? Et ce n’est que l’ultime désaveu dont il fait l’objet. La seule raison pour laquelle il occupe encore ses fonctions, c’est sa volonté sans faille de parachever la marchandisation de l’Éducation Nationale, et la soumission de ses personnels.

Nous savons déjà que, le 26 avril, jour de rentrée, rien ne sera prêt, rien n’aura été anticipé et que la situation sera identique à celle qui a conduit à la fermeture des écoles. Un goût de Jour sans fin.

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