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Rentrée 2021 : à 10 jours de l’échéance, le ministère flou et les mesures insuffisantes
Article publié le 27 août 2021

Rentrée 2021 : à 10 jours de l’échéance, le ministère flou et les mesures insuffisantes

Cet article a été publié le 24/08/2021

Les personnels ont fait leur rentrée à Mayotte ce 23 août, dans une situation sanitaire très dégradée, tandis qu’un confinement similaire à celui de la deuxième vague de l’épidémie est mis en place en Guadeloupe et Martinique. Le taux d’incidence chez les mineur-e-s est largement supérieur à ce qu’il était il y a douze mois. Pour autant, le ministère n’a communiqué aucune information aux personnels, se contentant de réserver des déclarations floues à la presse.

SUD éducation revendique la publication des critères de gradation du protocole sanitaire
Au vu d’un certain nombre de données concernant le variant Delta, cela a de quoi inquiéter.

Rappelons que le protocole sanitaire prévoit une gradation des mesures du protocole sanitaire en quatre catégories, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Il n’existe aucun critère qui détermine le passage d’un niveau de mesures à un autre : cette décision est donc prise uniquement en fonction de la volonté du ministre Blanquer. Ce dernier a ainsi annoncé par voie de presse que les écoles et établissements appliqueraient le niveau 2 du protocole quelle que soit leur situation géographique. Pourtant, l’épidémie sévit de manière très différenciée selon les régions et départements. La décision du ministre a donc plus à voir avec un effet d’affichage que la volonté de préserver la santé des personnels, des élèves, et de leur famille. L’absence de critères publics justifiant le passage d’un niveau à un autre est d’autant plus inquiétante pour les personnels qui ont vu l’an passé l’apparition de clusters sur leurs lieux de travail sans que l’administration ne prenne de mesures adaptées à la gravité de la situation.

Niveau 2 : des mesures encore insuffisantes
Le protocole sanitaire est excessivement laconique au sujet de l’organisation des enseignements Au niveau 2 du protocole, aucun dédoublement n’est prévu.

→ Les activités physiques se déroulent à l’extérieur

→ Le port du masque est obligatoire pour les personnels et les élèves, sauf en maternelle

→ Le protocole invite à la limitation du brassage des élèves. Les personnels vont devoir de nouveau subir l’usine à gaz de l’an dernier : limitation du brassage au niveau du groupe d’élèves en lycées par exemple.

→ Il est recommandé (mais pas obligatoire) de fixer chaque classe dans une salle.

→ Les récréations doivent être organisées par groupes.

→ À la cantine, les élèves d’élémentaire sont supposé-es déjeuner tous les jours à la même table, et la “stabilité des groupes est recherchée” en collège et lycée.

Ces mesures sont davantage des recommandations qui témoignent du fait que depuis plus d’un an, le ministère n’a engagé aucune mesure pour permettre une continuité de l’enseignement et des activités des élèves à moindre risque :

le bâti scolaire ne permet pas la distanciation physique ;
aucun capteur de CO2 n’est mis à disposition des établissements pour vérifier le degré d’aération des pièces ;
aucun purificateur d’air n’est installé. Lorsque les fenêtres devront être refermées à l’automne, il est certain que l’aération des salles de classe ne sera plus suffisante.
Aucune politique de tests n’est prévue par le protocole, même en cas de suspicion de cas dans une classe.

Vaccination : le risque d’un nouveau coup de communication du gouvernement
En ce qui concerne la vaccination, la mise en place des annonces gouvernementales est toujours insuffisamment précisée.

Après les masques et les tests, le risque est grand que le gouvernement ne tienne une nouvelle fois pas ses promesses !
→ Aucune mesure précise concernant la vaccination en milieu scolaire des élèves n’est précisée. La campagne de vaccination sur site se doit d’être une réussite pour qu’elle soit le plus accessible possible à tou-te-s les usage-re-s. Mais à ce stade, on n’a aucune information précise sur son ampleur, le nombre d’établissements concernés, les catégories de personnels en charge de la mettre en œuvre. Pour SUD éducation, elle doit être effectuée par des personnels formés, en ayant recours à des personnels extérieurs aux établissements pour ne pas alourdir la charge de travail des personnels médicaux, dans le cadre d’une enveloppe budgétaire spécifique. Il serait inacceptable d’alourdir la charge de travail des personnels médico-sociaux, qui sont déjà en nombre très insuffisant dans l’Éducation nationale !
→ Par ailleurs, la mise en œuvre de la campagne de vaccination semble à ce stade confiée en partie aux autorités locales et notamment aux collectivités, ce qui risque de nouveau renvoyer à des inégalités territoriales préexistantes.
→ L’éviction des cas contacts se fera sur une base déclarative : une attestation de vaccination des parents suffira pour que l’élève cas-contact demeure à l’école ou dans l’établissement. Dans les écoles, la classe doit être fermée dès le premier cas diagnostiqué. Mais aucune politique de test n’est prévue. De même une information renforcée doit être diffusée aux familles en cas de cas de personnes porteuse du virus dans l’entourage de l’élève. Cette responsabilité ne peut incomber uniquement aux enseignant-e-s : il faut créer immédiatement des postes médico-sociaux dans les écoles.
En ce qui concerne l’éviction des cas-contacts non-vacciné-e-s, on ne sait pas qui serait en charge d’effectuer le traçage. Il serait inacceptable que cela fasse partie des missions des personnels de l’Éducation nationale.
Il s’agit d’une mauvaise mesure : il est inacceptable que les élèves paient l’incapacité du gouvernement à mettre en œuvre une véritable campagne de vaccination, d’autant que les adolescent-e-s n’ont jamais été avant cet été au cœur de la campagne de vaccination et que les disparités en termes de couverture vaccinales renvoient à des inégalités territoriales pré-existantes.

Le ministre ne répond toujours pas au besoin de recruter des personnels pour garder les classes ouvertes

Enfin, l’an passé, le nombre d’enseignant-e-s non remplacé-e-s dans le a explosé du fait de la pandémie. Les créations de postes sont nécessaires afin de garantir la présence d’enseignant-e-s devant les élèves dans un contexte de circulation importante du virus. De plus, rien n’a été prévu pour lutter contre les inégalités d’apprentissage engendrées par les non-remplacements dus à la pandémie. En effet, certain-es élèves ont vu leurs nombres d’heures d’enseignement baissés. A SUD éducation, nous dénonçons cette inégalité de traitement entre les établissements où les cours ont été assurés et les autres. Nous revendiquons, en plus d’un recrutement massif de remplacant-es titulaires, un recrutement de maître-sses spécialisé-es ( maître-sses E, G) afin de pallier à l’augmentation des difficultés scolaires dans certaines écoles, ainsi que le recrutement de professeurs dans le primaire comme le secondaire.

Pour SUD éducation, affronter durablement la crise sanitaire implique l’attribution de moyens spécifiques, que SUD éducation revendique sous le terme de plan d’urgence. La réduction des effectifs doit être pérenne : il faut pour cela procéder en urgence aux recrutements nécessaires, par le biais du recours aux listes complémentaires, l’admission des admissibles aux concours, en particulier internes, par la création de concours supplémentaires, par la titularisation des non-titulaires. Des moyens supplémentaires doivent être également débloqués rapidement pour financer, à court terme, l’acquisition de purificateurs d’air, qui semblent un palliatif utile. Cette acquisition doit être faite par l’Éducation nationale et non renvoyée aux collectivités, ce qui conduirait à des inégalités territoriales dans l’accès à ce matériel.